E-180 à l’école des Communs


Posté le novembre 13th, par Paul M. dans Hacker l'éducation. Aucun commentaire

Si le plaisir de s’asseoir en face d’une encyclopédie vivante en buvant un café n’est plus à démontrer, il reste encore utile de le faire au sein de nos universités. Preuve en est, une récente conférence du mouvement des « Communs » a pris place au sein de l’UQAM, le 2 novembre dernier, et nous a bien inspiré !

Michel Bauwens – Wikimedia Commons

Sous le thème « Le P2P, la culture libre et le mouvement mondial des communs », Michel Bauwens, fondateur de la fondation P2P, s’exprimait sur ce qu’il considère être un bouleversement profond du mode de fonctionnement de notre société.

Celui qui a été nommée comme l’une des 100 personnes les plus inspirantes au monde par le ‘(En)Rich List’ of the Post-Carbon Institute s’inscrit dans la pensée marxiste en considérant la fin du système capitaliste inévitable. Tout comme l’empire romain au début du 1er millénaire et la société féodale au XVIIIème siècle se sont effondrés après avoir fait naître les armes de leur propre destruction – l’Eglise pour le premier, la propriété privée pour le second – notre société est en train de nous outiller pour la prochaine ère. Et notre plus bel instrument pour ça, c’est le P2P, l’échange entre pairs.

L’économie à la sauce « Wiki »

En effet, les pratiques « co » ont la cote, ne serait-ce qu’à regarder l’essor de Wikipédia, du covoiturage ou du couchsurfing. Et même dans les entreprises, on découvre l’intérêt du partage sans limite. L’exemple de la société Wikispeed en est un exemple édifiant. Wikispeed est un fabricant de voiture qui fonctionne comme un logiciel dont le code source est accessible à tous (Open-source) : tout le monde peut contribuer au développement du modèle de manière bénévole, le modifier et l’utiliser à sa guise. Résultat : une voiture de sport innovante, coûtant 25 000$, conçue en trois mois par près de 80 personnes dans plus de huit pays. Un tel processus dure généralement près de dix ans dans une entreprise normale.

Vers un monde des communs

Derrière ces petits exemples concrets, Michel Bauwens imagine une réalité globale en devenir. Il redessine les frontières entre les trois grandes catégories d’acteurs de la société : les entreprises, l’Etat et la société civile. Aujourd’hui, on considère que la valeur ajoutée de ce monde est créée au sein des entreprises privées et l’Etat gère les imperfections du marché. Quant à la société civile, on la cantonne dans un rôle marginal, définie par des catégories négatives comme « non-lucratif » ou « non-gouvernementale ». Les activités citoyennes, « c’est ce que l’on fait en arrivant chez soi le soir, une fois bien fatigué » ironise Bauwens.

Mais ce système montre aujourd’hui ses limites, et il nous faut revoir l’ordre du monde. Dans la conception du monde des Communs, Bauwens renverse la hiérarchie et met la société civile en créateur de valeur. C’est en son sein que sont pensées les solutions de nos problèmes quotidiens – alimentation, éducation, transport, logement, etc – sur les simples principes de coopération et de partage des compétences. Les entreprises existent toujours, mais dans une logique de soutien à la société civile. L’Etat lui reste là, toujours plus transparent et démocratique, et répartit les financements de toutes ces activités.

Au regard de cette typologie, on comprend mieux la difficulté de placer E-180 dans une catégorie d’hier alors qu’elle fait partie du monde de demain.

E-180, classe citoyenne                     

On peut imaginer ici que la plateforme E-180 joue un rôle de premier plan : elle devient un modèle, une expérimentation de l’école de la société civile. Alors que le système capitaliste a très souvent orienté les institutions scolaires vers la compétition – pensons aux multiples classements internationaux – et l’appât du gain, le monde des communs instaure une logique du bénéfice pour tous.

Adhérer à E-180, c’est sans aucun doute se préparer au monde qui s’en vient. C’est se (ré-) habituer à concevoir la coopération et l’entraide comme le véritable moteur de la société, plutôt que de ne compter que sur l’égoïsme de chacun pour obtenir le meilleur deal commun.

Utopisme et scepticisme

Les plus sceptiques prendront cette vision comme de beaux discours et continueront à considérer que le monde tel qu’on le connaît ne changera pas. Mais ce ne serait pas faire honneur à l’Histoire car elle nous a souvent démontré que les plus grandes révolutions se sont enclenchées sans jamais qu’on en fasse le pari.

Qui plus est, le monde ne tourne déjà plus comme on a tendance à l’imaginer. Les grandes entreprises comme Procter&Gamble conçoivent la majorité de leurs produits en co-création. Les économies qui tiennent encore la route aujourd’hui sont celles qui ont intégré ce nouveau mode de fonctionnement centré sur le partage. Alors de nombreux obstacles persistent certes, mais pariez sur le bon cheval. Pariez commun, pariez E-180 !

Envie de rencontrer des gens pour apprendre de nouveaux trucs? La plateforme E-180 est enfin publique! Venez vous inscrire et invitez vos amis à partager des connaissances!

 





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