Des notes aux électrochocs


Posté le octobre 10th, par Véronique dans Québec. 4 comments

J’ai perdu mes repères traditionnels de l’apprentissage à la fin de mes études en éducation. Entre deux séminaires, j’enseignais à des élèves à peine plus jeunes que moi des trucs que j’avais appris parfois – ça reste entre nous – quelques mois avant eux.

Je me rappelle qu’à cette époque, je me réjouissais d’achever cette maitrise qui n’en finissait plus et de ma nouvelle liberté d’enseignante. Fini les cours magistraux, les cahiers d’exercices redondants, les notes de cours reliées par une spirale à mettre à la récup après usage. Joie! Je me sentais enfin délivrée du modèle d’enseignement «vase à remplir» et des évaluations de type «recrache mot pour mot tes notes de cours pour espérer un B+». Mes élèves à moi apprendraient autrement.

Avec le recul, je comprends que j’étais égarée dans le paradigme de l’enseignement-apprentissage, cherchant à développer mon style d’enseignante en opposition à celui que j’avais dû «subir» jusque-là.

Des électrochocs

Si je savais ce que je ne voulais pas faire vivre à mes élèves, j’avais du mal à trouver comment enseigner autrement. Comment ne pas reproduire le schéma rassurant de l’enseignement frontal sans craindre que le tableau vert ne se transforme en une immense trappe qui m’engloutirait sous un tas de poussière de craie?

Crédit photo : Thinkpublic

Mes questions ont trouvé paradoxalement leurs réponses quand j’ai quitté l’enseignement – comme malheureusement 20% des nouveaux profs – pour travailler au Réseau d’information pour la réussite éducative. J’y faisais la connaissance de François que je considère depuis comme mon mentor en éducation.

François est un enseignant d’expérience qui ne ressemble en rien à d’ex-collègues qui me prenaient de haut parce qu’ils donnaient le même cours depuis 20-ans-Mam’zelle. Pour lui, l’apprentissage est avant tout une affaire de collaboration. Auprès de lui, j’ai appris comment me tenir à l’affût des innovations pédagogiques, mais surtout, il m’a permis de comprendre que j’étais une jeune professionnelle empêtrée dans des idées pas toutes neuves qui méritaient qu’on les dépoussière.

– François, c’est quoi un ENA?
– As-tu tapé ta question dans Google?, me répond-il en souriant. Si tu ne trouves pas, pose ta question à ton réseau sur Twitter.

Certains d’entre vous pourront se surprendre que mon mentor ne m’ait pas donné la réponse dans le mile. ENA : environnement numérique d’apprentissage. Mais voyez-vous, c’est exactement ce dont j’avais besoin. Un électrochoc éducatif.

Rebondir à 180

J’avais pourtant étudié le socioconstructivisme en me l’enfonçant dans le crâne à coups de cahier de notes. J’avais aussi eu vent du connectivisme à l’université, mais vraisemblablement, je n’en savais rien. J’ai compris ces théories en les expérimentant en contexte professionnel auprès d’un de mes pairs qui prenait le temps de me faire découvrir mes nouveaux outils d’apprentissage : mes collègues et homologues, ma veille et, plus largement, Internet et les réseaux sociaux.

Et croyez-le ou non, cette histoire m’a menée jusqu’à vous! Je vous explique.

François m’a initiée à Twitter où il m’a présentée à une communauté virtuelle d’édutwitteurs dynamique et chaleureuse. Aujourd’hui encore, cette communauté constitue mon principal vecteur d’apprentissage en éducation. En 2010, j’y ai fait la connaissance de Christine Renaud, pilote de E-180… Et puis, m’y voilà!

Avez-vous déjà vécu une bonne décharge d’électrochocs éducatifs? Grâce à qui? Où avez-vous atterri? Y êtes-vous encore?

Faites-moi connaitre vos rebonds!

Envie de rencontrer des gens pour apprendre de nouveaux trucs? Le 25 octobre, la plateforme E-180 sera publique! Venez vous inscrire et invitez vos amis à partager des connaissances!





4 réponses à “Des notes aux électrochocs”

  1. Lucie Charbonneau dit :

    J’ai beaucoup aimé ton texte Véronique. Depuis que je suis une professionnelle, j’ai l’impression moi aussi que mes collègues de travail et la communauté au sens plus large est une source infinie de nouvelles connaissances et d’inspiration. Tu es d’ailleurs une de ces personnes qui m’ont beaucoup appris puisque tu m’as fait connaître le groupe de veille et tu m’as généreusement partagé tes connaissances!

    • Véronique dit :

      Quel plaisir Lucie de t’avoir retrouvée dans mon réseau professionnel après l’université. Je suis honorée d’apprendre que j’aie été pour toi un vecteur d’apprentissage. À bientôt! 🙂

      Véronique

  2. Christine dit :

    Le déclic s’est fait pour moi dans un cours de « Philosophie de l’éducation » à l’université. Denis Remon, notre chargé de cours, nous a demandé qui aimerait ouvrir sa propre école.

    « Ouvrir sa propre école??? Moi? Moi. MOI!!!!! »
    C’est cette rencontre qui m’a amenée à redéfinir mon rôle en tant qu’éducatrice: d’enseignante, je suis passée à entrepreneure en éducation.

    Et l’école dans tout cela? Quand E-180 n’aura plus besoin de moi!

    Merci pour ce superbe article.

    • Véronique dit :

      Merci pour tes bons mots Christine! Ton engagement et ton initiative sont des plus inspirants 🙂

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