Une copycat parle anglais in a coffee shop


Posté le septembre 16th, par Véronique dans A la rencontre des rencontres, Québec. Aucun commentaire

Je vous fais la confidence. J’évite de parler anglais. Ne le criez pas sur les toits, mais je m’exprime sans intonations, comme un joueur de hockey édenté qui explique sa contreperformance avec des «and-ahh». Mon manque de fluidité est bien peu commode quand vient de temps de voyager ou de communiquer avec des professionnels de mon réseau. But thatz enoffe. Je me suis mise en quête d’un mentor qui saurait dénouer mon anxiété linguistique.

Crédit photo: ‘Peter Pan 1915 – cover 2’

À la recommandation de Mélanie, j’ai écrit à Vincent de Québec, membre de E-180 et polyglotte citoyen du monde.

« Si la fée des dons m’a donné du talent en français en se penchant sur mon berceau, elle a oublié de m’en donner dans les autres langues. Si tu penses que mon cas n’est pas désespéré, devenons amis! »

Quelques heures plus tard, Vincent me propose un moment pour nous rencontrer. Quelle veine! Dans son monde, les causes perdues semblent moins nombreuses que les pierres précieuses enfouies dans l’ironique cap Diamant. Nous convenons donc de nous voir quelques jours plus tard, dans une brûlerie de son quartier qui est aussi le mien. Heureuse coïncidence.

Vendredi 16 h 30 à la brûlerie, j’avale mon orgueil dans une gorgée de café glacé. Je reconnais Vincent, les yeux rivés sur sa tablette. Quelques minutes plus tard, je saurai qu’il lit Peter Pan. In inglishe ove corse.

Mon polyglotte de mentor me fait sentir en confiance dès les premières minutes de la rencontre. Me voilà en terre hospitalière : son accent brit est loin de déplaire à la fan de Bridget Jones que je suis. Il ne tourne pas autour du pot. Les présentations faites, il me livre sans tarder ses astuces pour améliorer ma fluidité. «Faut pas te concentrer sur tes difficultés. Sais-tu ce qu’est un copycat?»

Un copycat, c’est une personne qui imite le modus operandi d’un criminel. Je souris de l’amusant parallèle avec le roman policier. Cette première rencontre E-180 s’avère définitivement des plus instructives.

« T’as qu’à faire comme si t’as pas peur de te tromper. Sois une copycat! »

Avec un aplomb digne d’un enseignant expérimenté, Vincent m’explique ses techniques personnelles qui lui permettent aujourd’hui de s’exprimer en anglais et en allemand avec aisance. Je note ses précieux conseils :

– regarder des séries télévisées en anglais (s’attacher aux personnages facilite l’intégration de vocabulaire en contexte)
– utiliser la périphase (une phrase pour décrire un mot) ;
– maximiser l’emploi des formules que je maitrise parfaitement dans mon discours en y ajoutant progressivement de nouvelles ;
– régler les paramètres de mon iPad en mode English ;
– éviter l’évitement et chercher les occasions de parler anglais.

Ses astuces faciles à mettre en pratique m’emballent si bien que je me surprends à converser zininglishe avec lui, ce que je souhaitais éviter a priori. Fin pédagogue, Vincent prend le temps de corriger certaines de mes erreurs en m’expliquant des nuances (for instance ‘carry’ versus ‘bring’) et me dotant de mots nouveaux qui me permettent de préciser ma pensée.

L’air s’est doucement rafraichit dans le café. Je parle anglais sans me sentir – trop – ridicule.

Plus confiante qu’une heure et demie plus tôt, je remercie Vincent.

That was a proper English lesson.

Il sourit. Je venais d’intégrer en contexte un mot que  je venais tout juste d’apprendre grâce à lui.

Envie de rencontrer des gens pour apprendre de nouveaux trucs? À l’automne, la plateforme E-180 sera publique! Venez vous inscrire et invitez vos amis à partager des connaissances!





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