Un premier extrait


Posté le août 20th, par Myriam dans Fou défi pour les appreneurs crinqués, Myriam. 1 commentaire

Bonjour à vous en ce joyeux lundi!

Avant de vous livrer un extrait de mes dernières semaines de travail, je dois être honnête avec vous, j’ai pris du retard. Ce n’est pas tant que je n’étais pas motivée ou que je ne voulais pas écrire, mais j’avais oublié d’inclure dans mon plan tous les autres engagements que j’avais pris cet été et qui grugeraient nécessairement du temps dans mon horaire. Résultat : je n’arrive plus à écrire depuis quelques jours et je ne pourrai reprendre mon récit avant le 26 août, la veille de mon retour au travail.

Mais, j’ai d’autres nouvelles plus encourageantes! J’ai pris la décision de faire plus de place dans mon horaire de septembre à décembre pour réussir à continuer ce projet qui me tient à cœur. Je vais donc au cours des prochaines semaines réorganiser mon plan de travail et me donner de nouvelles dates de tombée que je vous communiquerai bientôt.  Si je me donne un mois de plus pour écrire, ça reste toujours un Fou Défi, non?

Voici maintenant l’extrait promis.  Je vous livre mon introduction qui vous donnera la couleur du récit en vous laissant sur l’envie, je l’espère, de tourner la page pour vous plonger au cœur de mes années de noirceur.

Introduction  

S’il y a un commencement à chaque chose, je dirais que ça a commencé en 2ième année. Lentement. Insidieusement. D’abord un élève, un p’tit nouveau, qui décide de se construire socialement en m’écrasant. Rien de bien inquiétant : j’avais plein d’amis. On y rajoute quelques facteurs de risque, comme un changement d’école, un changement de classe en cours d’année, et voilà qu’en 5ième année, je suis officiellement promue souffre-douleur de la classe. Les amis se font rares : en apparence, ils sont inexistants. Le week-end ils viennent me voir en cachette : la semaine ils m’écoeurent encore plus fort pour que rien n’y paraisse. Le désert social est une chose, les insultes en sont une autre. Les coups mesquins. Les petites hypocrisies au quotidien. Les regards de travers. La honteuse solitude dans l’autobus, dans le rang, lors des travaux d’équipe.

Un coup le rôle obtenu, difficile de s’en défaire. L’habitude s’installe, de part et d’autre de la scène. Les spectateurs en veulent plus. Le sobriquet « Dépotoir St-Denis » me colle à la peau, et je transporte mon fardeau années après années, comme Sisyphe roule sa pierre.  Je suis une maladie contagieuse que tous, ou presque, préfèrent éviter.

Et puis un jour, en secondaire 3, une percée dans le paysage, un hasardeux concours de circonstance, qui me projette à nouveau sur le chemin de la sociabilité. Mais la méfiance reste. Comme tous les ex-obèses, ex-anorexiques, ex-toxicomanes, je reste une ex, une ex-intimidée, une ex-socialement contaminée. À certains endroits, mon corps social reste sensible, fragile. Il y a des choses qui ne s’oublient pas.

Cette histoire que je vous livre aujourd’hui, en toute honnêteté, n’a pas pour but de trouver des coupables ou de condamner le système scolaire qui m’a vu grandir. Je crois qu’il est dans la nature des groupes humains de se liguer contre ceux qui sont différents, marginaux, étrangers. Nul besoin de vous donner des exemples. Je crois par contre qu’en développant l’empathie chez les enfants, et en les encourageant à exprimer chacun leur originalité, ce type d’intimidation sévère a moins de chance de se développer. C’est du moins le pari que je fais en vous livrant mon histoire. Puisse mon récit vous aider à mieux comprendre la dynamique de l’intimidation et vous donner envie de célébrer la diversité sous toutes ses formes.

Myriam St-Denis Lisée

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Une réponse à “Un premier extrait”

  1. Marion dit :

    Un mot : continue! Oui j’ai envie de tourner la page, en souhaitant de tout coeur que toi tu l’aies tournée! ça en a l’air si tu es capable d’écrire sur cette tranche de vie. Et surtout quand on connait la Myriam d’aujourd’hui! 🙂

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