Apologie du Café : Quand le savoir gravite autour d’une tasse


Posté le février 1st, par Paul M. dans Hacker l'éducation. Aucun commentaire

« Prendre un café, rencontrer quelqu’un et apprendre quelque chose ». Voilà la première phrase qui m’a fait tilté lorsque je voyais apparaître pour la première fois E-180 sur mon écran. Depuis, l’accent a été davantage mis sur la deuxième partie de la phrase où le concept-clé s’inscrit, tandis que la boisson s’est transformée en un tas de formules possibles, allant de la salle de yoga chaud à la réception à domicile. Mais alors, oublierait-on ce bon vieux café ? Nullement ! Et il serait bon de rendre à César ce qui est à César avant de changer d’empire. Car si aujourd’hui tout lieu est susceptible de devenir une salle de classe des plus ludiques (billet à suivre), c’est bien dans ce bistrot de quartier que l’émulation de la connaissance s’est déclarée.

Bien souvent nos inspirations du quotidien naissent d’une rencontre, d’une discussion. En 1917, c’est sur la terrasse du café de Flore qu’est inventé le terme surréaliste, fruit d’une discussion entre André Breton et Louis Aragon. Pour ma part, c’est avec l’aparté d’un de mes professeurs que m’est venue l’idée de ce billet.
Celui-ci plaçait les trois villes occidentales historiques rattachées au monde moderne, et par extension à l’apprentissage : Athènes pour la Raison, Rome pour la technique et le droit et Jérusalem pour l’humanisme. Cependant, c’est dans une capitale européenne qui ne paye pas de mine au premier abord que s’est opéré une fusion entre ces trois éléments fondateurs. Une idée ? Allez, un indice, ils font un bon café !

On dit un café ...ois

... et des ...oiseries!

C’est en effet à Vienne, à l’aube du XXème siècle, que l’on peut retrouver cette plaque tournante du savoir. A cette époque Vienne est au beau milieu d’un grand bazar, cerné par les empires chancelants ottomans et austro-hongrois, destination de fortune pour les populations chassées. Résultat, c’est une ville surdimensionnée qui a connu son pic de densité en 1916 avec 2,2 millions d’habitants, quand elle en compte encore 600 000 de moins aujourd’hui. Mais quel rapport avec le café ?
Et bien c’est dans ce contexte que se multiplient ces lieux de passage où cafés viennois et viennoiseries sont servis, et où l’on se pose pour discuter. C’est dans ce contexte également que certains des plus grands penseurs du siècle se sont rencontrés et ont fait fleurir le partage des connaissances : Schumpeter, Popper, Von Mises, Hayek, Polanyi… Ces autrichiens, connus ou méconnus, ont fait le bonheur des plus grandes universités anglo-saxonnes : Harvard, London School of Economics et autres fleurons. Plus encore, certaines de leurs idées font encore la Une de l’actualité, à l’image de « La Grande Transformation » de Polanyi désignant la crise économique et sociale de ces dernières années.
Malheureusement, cette pratique semble s’être perdue alors que les chaînes de café ont investi la plupart des villes. Aujourd’hui nous préférons souvent nous y arrêter rapidement avant de s’oublier dans le travail ou encore faire face à notre ordinateur. C’est peut-être ce qui rend nostalgiques et mal aimables  les garçons de café français en y pensant !

Alors, mesdames et messieurs les utilisateurs d’E-180 et autres curieux, je vous le demande solennellement : Allez prendre un café avec un inconnu avant de vous enfermer dans votre classe, dans votre bureau ou votre foyer. Nous avons beaucoup de choses à apprendre les uns des autres, et certains affirment que le café est bon pour la santé (la polémique est ici). Et avec E-180, le privilège de devenir un lieu de savoir et d’échanges s’étend à tous les cafés de la planète. Allez, Prost !





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