Compétences ou connaissances, le dilemme de l’apprentissage


Posté le septembre 4th, par Paul M. dans Hacker l'éducation. 1 commentaire

Voilà un débat qui agite depuis bien longtemps les milieux scolaires mais qui mérite réflexion : que devons nous transmettre ? Devons nous avoir une logique d’instruction ou d’éducation ? Ainsi le professeur se demande régulièrement s’il vaut mieux aller au bout du programme scolaire pour ne pas pénaliser les étudiants à l’examen final, ou alors s’assurer que ce dernier a bien compris l’essentiel qui lui permettra d’apprendre par lui-même ensuite.

Le credo des compétences : « Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours. » Lao Tseu (Creative Commons)

Si l’école traditionnelle reste encore au cœur de cette réflexion, elle se voit de plus en plus concurrencée par de nouveaux relais d’apprentissage, à l’instar d’E-180. Or ces derniers ne disposent pas nécessairement d’un code d’éthique, d’une charte, imposant un format spécifique à l’exercice de transmission, ce qui constitue autant une force qu’une faiblesse. Car la responsabilité du choix des savoirs à apprendre repose de plus en plus sur l’individu et non plus sur un choix collectif.

Le risque de dictature de l’utile

« Super ! » penserez-vous, « j’ai le choix d’apprendre ce que je souhaite plutôt que de suivre un cours qui ne m’intéresse pas ». Mais au-delà de cette multiplication des possibilités, il devient nécessaire de se demander ce qui nous pousse à faire un choix plus qu’un autre.

En effet, dans un monde où tout s’accélère du fait des nouvelles technologies et de la mondialisation, le temps dédié à l’apprentissage se fait de plus en plus compressé, et les choix resserrés. Ainsi, on aura une tendance naturelle à vouloir maîtriser le dernier réseau social à la mode plutôt que de se lancer dans l’étude de l’histoire de la Chine. La compétence prime alors sur la connaissance, l’utilité à court-terme contre la compréhension à long-terme.

En quête d’un équilibre

Vaut-il mieux apprendre l’histoire du Québec, du Canada, ou ne pas du tout connaître l’Histoire? (CC)

 

Dans un tel contexte de marchandisation de l’éducation, la remise en cause du monopole de l’école s’avère être une chance pour remettre bien des choses à plat. Il y a tout de même fort à croire que l’ouverture que permet E-180 décuple les opportunités de connaissances possibles et permettent à chacun de trouver de nouveaux champs d’intérêts. Car éduquer nous explique Marie Duru-Bellat, « c’est aussi permettre aux élèves d’éprouver le plaisir des découvertes gratuites, le plaisir de surmonter la difficulté d’un raisonnement, le plaisir de comprendre ».

Mais il ne faudrait pas sous-estimer pour autant l’importance d’une éducation tournée vers le profit. Car au-delà de la remise en cause nécessaire de l’école comme détentrice du monopole de l’enseignement, c’est dans l’articulation entre compétences et connaissances qu’il faut repenser le monde.





Une réponse à “Compétences ou connaissances, le dilemme de l’apprentissage”

  1. Notre compétence ne se développe qu’à partir du partage de nos connaissances. Nous ne pouvons être compétents seuls…C’est le partage et la «négociation» de nos connaissances qui nous rend compétent.
    Le développement des réseaux sociaux comme E-180 s’inscrit dans cette avenue.
    Salutations!

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